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Les cahiers de l’émergence : 20.000 emplois à pourvoir à moyen terme (18 juin 2009)
La région Marrakech - Tensift - Al Haouz va devoir mettre le paquet pour répondre aux immenses besoins en ressources humaines induits par l’investissement dans le secteur touristique. En plus du tourisme, notamment l’hôtellerie, c’est dans le BTP qu’il y a les plus gros besoins.
L’étude prospective sur l’emploi à Marrakech, réalisée dans le cadre d’un partenariat avec le Comité régional d’amélioration de l’employabilité, la wilaya et l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec), avait relevé 20.000 emplois à pourvoir à moyen terme dans les deux secteurs.
Ces prévisions restent-elles pertinentes malgré la crise? Oui, confirme Abdelali Tazi, directeur régional de l’Anapec. Pour environ 70%, ces projections concernent le secteur du tourisme. «Actuellement, nous accompagnons 5 grandes ouvertures dans le secteur du tourisme à Marrakech qui envisagent la création de 1.400 emplois», ajoute Abdelali Tazi. «Même avec la capacité actuelle de formation, il va y avoir un écart très important entre l’offre et la demande d’emploi dans la région. Et déjà, il faudrait aller recruter des personnes en dehors de la région pour combler le gap en compétences dans le secteur du tourisme».
De son côté, l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech s’est clairement positionnée sur la dynamique de l’industrie touristique. Elle propose actuellement cinq formations liées au tourisme: trois licences professionnelles: management hôtelier, ingénierie du tourisme, et le programme de promotion du patrimoine territorial à valeur touristique en cours d’accréditation.
Deux programmes complètent cette offre: un master spécialisé en «tourisme, patrimoine et développement durable» ainsi qu’un diplôme universitaire de technologie (DUT) en «animation et gestion touristique».
Autre secteur stratégique pour la ville, l’offshoring. Le projet de Marrakech Shore situé à Tamansourt permettra de créer près de 20.000 emplois à terme.
Le potentiel de l’Université Cadi Ayyad devrait répondre aux exigences des promoteurs. L’université s’est engagée dans le projet «Offshoring Maroc 2012» qui vise à former 5.600 étudiants (d’ici à 2010). Au total, près de 2.300 futurs ingénieurs sont en cours de formation et 600 autres sont inscrits dans les différentes disciplines dont les sciences d’ingénieur, les technologies d’information et l’administration. L’université envisage d’ouvrir une école supérieure de technologie (EST) dans la province d’El Kelâa des Sraghna à la rentrée 2009-2010.
L’Université Cadi Ayyad s’implique activement dans le «plan 10.000 ingénieurs». Outre le projet de l’Ecole supérieure de technologie à El Kelaâ, l’université veut créer une école nationale des sciences appliquées (ENSA) à Benguérir, révèle son président, Mohamed Marzak, «Nous sommes également en train de mener une réflexion sur l’ouverture d’un institut de BTP avec les professionnels concernés pour mieux coller au besoin du marché de l’emploi».
Enfin, pour promouvoir l’innovation et la recherche scientifique dans la région, l’université a signé récemment une convention de partenariat avec le ministère de l'Education nationale portant sur la réalisation des études de faisabilité pour la création de la cité d’innovation à Marrakech.
Pour rappel, l’Ucam, compte actuellement 12 établissements implantés sur 2 régions (Marrakech-Tensift-Al Haouz et Abda-Doukkala). Elle couvre 4 villes universitaires: Marrakech, Kelâa des Sraghna, Essaouira et Safi. La demande du capital humain enregistre une tendance à la hausse, notamment pour les filières du secteur tertiaire: finance d’entreprise, gestion internationale, marketing, gestion des ressources humaines, contrôle de gestion et nouveaux systèmes, communication… sans doute, pour mieux coller à la réalité du marché de l'emploi.
La pression s’est un peu relâchée sur les sites de l’université implantés à Marrakech (les effectifs ont reculé de 20%). Explications: la baisse du nombre des bacheliers en 2008 et la création de l’Université Sultan Moulay Slimane à Béni Mellal. De même, plusieurs jeunes bacheliers de la région ont préféré opter pour des formations professionnelles qui leur permettent d’être présents très tôt sur le marché du travail et accroître leurs chances de trouver un emploi.
Parallèlement au pôle universitaire public, il existe une offre en enseignement privé, mais qui reste faible dans la région de Marrakech au vu des ambitions et des projets de la ville. L’enseignement supérieur privé se compose d’environ une douzaine d’écoles, principalement de commerce et de gestion.
Les opérateurs sont confiants en l’avenir du secteur privé, même si le nombre d’inscrits dans les écoles privées de Marrakech ne représente pas plus de 10% des effectifs dans les établissements publics.

Economiste du 18/06/2009

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